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Tous les exercices d’anticipation n’auront pas suffi. Dans la nuit de jeudi à vendredi 15 juillet, un homme au volant d’un camion blanc a foncé dans la foule, rassemblée sur la très populaire promenade des Anglais pour les traditionnelles festivités du 14-Juillet. Il a renversé les personnes se trouvant sur son chemin sur une distance de deux kilomètres. 84 personnes ont trouvé la mort, dont plusieurs enfants, et 18 blessés se trouvent toujours en « urgence absolue », selon le dernier bilan du ministère de l’intérieur.

 

Ces derniers mois, Nice s’était préparée activement à l’hypothèse d’une attaque terroriste.

Un premier test avec le Carnaval

La ville, qui accueille chaque mois de février le troisième carnaval le plus fréquenté du monde après Rio et Venise, avait mis en place un dispositif de sécurité spécifique, coordonné par le ministère de l’intérieur.

Une réunion avait eu lieu le 5 février entre les principaux responsables du département des Alpes-Maritimes et Bernard Cazeneuve, Place Beauvau à Paris. Cette rencontre devait servir à préparer les nombreuses situations compliquées attendues dans la région tout au long de l’année, avec des afflux de touristes pour le festival de Cannes et pour l’Euro de football, lors duquel quatre matches étaient programmés au stade de Nice, l’Allianz Riviera.

Le Carnaval, avec un million de fêtards attendus, avait servi de premier test grandeur nature. « Des renforts conséquents » avaient été accordés à Nice, selon Marcel Authier, le directeur de la police départementale.

Ils venaient s’ajouter aux 400 agents de la police municipale et aux 1 400 membres des forces nationales déjà déployés dans le département. Des démineurs et des chiens renifleurs d’explosif avaient été mobilisés. Par ailleurs, avec ses quinze caméras au kilomètre carré, Nice est l’une des villes les plus quadrillées de France.

Une simulation en vue de l’Euro de football

En amont de l’Euro, Nice avait également dû, comme toutes les villes hôtes, organiser un exercice de simulation, le 8 mars, en présence du GIGN. L’ensemble des forces de sécurité et des services de secours devaient parer à toute éventualité, y compris la pire envisagée à ce moment-là : à savoir un afflux de blessés provoqué par une attaque contre le stade de football.

Dans le scénario d’alors, les personnes devaient être évacuées vers les hôpitaux de Nice, de Cannes et de Monaco. Ceux de Marseille pouvaient également être sollicités, ainsi que l’hôpital militaire de Toulon, spécialisé dans le traitement des grands brûlés. « Toutes les hypothèses seront testées, y compris une attaque nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique [NRBC] », promettait à l’époque François-Xavier Lauch, sous-préfet des Alpes-Maritimes.

Sécurisation de la mer

Le dispositif mis en place pour le festival de Cannes prévoyait, lui, la mise en place d’un poste de commandement, doté de moyens de communication et de réseaux informatiques pouvant résister à une cyberattaque. Une attention particulière avait par ailleurs été portée au risque venant de la mer. Tous les bateaux pénétrant dans la baie devaient être contrôlés.

La « sécurisation de la mer » faisait partie des recommandations préconisées par un audit commandé par David Lisnard, le maire (LR) de Cannes, après les attentats du 13 novembre. L’étude avait été conduite par Nitzan Nuriel, un ancien général israélien, qui s’était inspiré des leçons tirées des attentats terroristes menées contre des hôtels à Bombay, en Inde, et dans les gares de Madrid, en Espagne.