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OPINIONS

 

« La mentalité des jeunes Sénégalais est en train de changer. Ils n’attendent plus que le travail leur tombe du ciel, ils prennent les choses en main et créent des emplois pour eux-mêmes et les autres comme eux. » C’est Thierno Niang qui parle et ses propos ont trouvé une résonance particulière en moi. Cet entrepreneur social de 30 ans a cofondé avec d’autres jeunes Rev’evolution, un incubateur de start-up autofinancé. Je l’ai rencontré lorsque je recrutais des modérateurs pour le  Forum sur l’emploi, la formation et l’inclusion des jeunes : partage des connaissances en Afrique subsaharienne, premier événement du genre organisé par le bureau de la Banque mondiale au Sénégal.

Ce type de manifestation institutionnelle aborde généralement la question de la jeunesse selon une approche « parentale » : les participants discutent de ce qu’il convient de faire pour procurer des emplois aux jeunes ou les accompagner davantage, à l’image de parents qui subviennent aux besoins de leurs enfants. Une telle approche est certes naturelle, mais elle oublie que les jeunes qu’elle est censée aider sont des individus capables d’agir et de décider pour eux-mêmes.

C’est avec cette idée en tête que le bureau de la Banque mondiale au Sénégal a entrepris d’organiser ce forum : l’objectif n’était pas tant d’analyser la situation et les perspectives des jeunes en Afrique que d’aller à leur rencontre, d’écouter ce qu’ils ont à dire et de les laisser mener les débats et la réflexion. Thierno Niang et son collègue Mamadou Ndoye (qui a quitté le Canada pour retourner au Sénégal et fonder Rev’evolution), font partie de la vingtaine de jeunes Sénégalais qui ont participé activement aux deux journées d’échanges, en animant ou en dirigeant des discussions, en présentant leurs entreprises ou en exhibant leurs talents.

Tout au long de cette manifestation, qui s’est déroulée les 6 et 7 juin derniers, ils ont montré à leurs aînés que ce dont ils avaient besoin, ce n’est pas tant d’aides et d’assistanat que de partenariats et de confiance. À de multiples occasions, ils ont aussi prouvé combien les jeunes qui réussissent étaient capables de pousser les autres vers le haut.

Cherif Ndiaye en est le parfait exemple. Cet entrepreneur social réinvestit une grosse part des bénéfices de sa société de conseil en communication au profit de sa deuxième start-up, Écoles au Sénégal. Cette plateforme éducative en ligne, totalement gratuite, propose des vidéos qui couvrent les programmes scolaires du lycée. Elle est destinée aux élèves qui ne sont pas en mesure d’aller régulièrement en classe ou qui ont besoin de revoir certaines notions. Cette initiative est dirigée par une équipe de jeunes qui filment les cours, assurent le montage des vidéos, travaillent en réseau avec des enseignants et gèrent les médias sociaux. Grâce à leur dévouement, le nombre d’élèves qui obtiennent leur baccalauréat est en train de progresser, en dépit des nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontés (classes surchargées, mauvaises infrastructures, manque d’équipements). Des progrès qui ne passent pas inaperçus auprès des parents comme des enseignants.

Des jeunes comme Cherif Ndiaye, il y en a beaucoup au Sénégal, qui prennent leur destin en main en créant des entreprises qui recrutent d’autres jeunes et répondent aux besoins de la jeunesse de demain. Le message du jeune entrepreneur social a été parfaitement entendu. Aujourd’hui, une institution comme la Banque mondiale est à l’écoute et multiplie les occasions qui, à l’instar de ce forum, lui permettent de comprendre comment elle peut aborder et aider au mieux la jeunesse africaine.

 

Par Daniella Van Leggelo-Padilla 

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