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PEOPLE

Papa Médoune Ndiaye est sorti de l’Ecole supérieure d’enseignement technique et professionnel (Ensetp/Ucad) comme professeur d’enseignement moyen en structures métalliques chaudronnées. Cette quête du savoir est sous-tendue par une envie de fabriquer des appareils et des machines comme la décortiqueuse d’arachide, l’une de ses nombreuses inventions.

Il est difficile de confiner Papa Médoune Ndiaye dans un corps de métier. C’est l’homme de tous les métiers pour ne pas reprendre un cliché. Il a subi plusieurs formations à l’issue desquelles il a capitalisé beaucoup d’expériences. Sa quête de connaissances a débuté au lycée Maurice Delafosse de Dakar. C’est dans cet établissement qu’il a obtenu le Brevet de technicien en chaudronnerie-tuyauterie industrielle. Il ne va pas se contenter de cette certification. Assoiffé de savoir, Papa Médoune Ndiaye dépose sa candidature pour l’entrée au Centre entrepreneuriat et de développement technique (Cedt) plus connu sous l’appellation G.15. Il ressort avec un Brevet de technicien supérieur en chaudronnerie. Ses amis et ses parents le voyaient déjà dans des ateliers métalliques et les industries où il y a une demande en chaudronnerie. Le technicien va les surprendre. Sa quête du savoir continue. En 2004, il passe le concours d’entrée à l’Ecole supérieure d’enseignement technique et professionnel (Ensetp) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il enrichit son curriculum vitae d’une Maîtrise en sciences et techniques industrielles et s’ouvre les portes de l’enseignement. 

Au gré de ses voyages, l’ancien élève du lycée Maurice Delafosse se rend compte des défis que notre pays devrait relever. Le technicien effectue une immersion en Afrique du Sud et un voyage d’études au Luxembourg, en 2007, plus précisément au Nord à Wiltz et à l’Université du Luxembourg. Il était à l’école des enseignements/apprentissages. Partisan de la pratique, l’enseignant a rédigé des référentiels pour la vulgarisation de ce modèle de formation qui facilite l’insertion des diplômés ou du moins qui les prépare à mieux s’insérer dans le monde du travail.

« Ces formations m’ont donné des compétences me permettant de rédiger les référentiels pour la formation technique et professionnelle et aussi de dispenser des formations pour accompagner le développement économique et social de notre pays », concède le professeur d’enseignement moyen. C’est un expert en approche par compétence. Il n’est pas un illustre inconnu dans le modèle des inventions. C’est un inventeur prolixe. Il a fabriqué des modèles originaux de chauffe-eau et de cuiseur solaire. Parmi ces chefs-d’œuvre, on peut citer la décortiqueuse d’arachides. Ce pur produit de l’école publique sénégalaise n’a pas appris la chaudronnerie par hasard.

« Sur plan le professionnel, j’ai eu à concevoir un chauffe-eau, un cuiseur solaire, une décortiqueuse d’arachide », raconte celui qui a eu à réaliser des travaux de chaudronnerie lourde en qualité de chef d’équipe dans une cimenterie. L’invention d’une décortiqueuse s’explique par le souci de moderniser l’agriculture. La décortiqueuse est un modèle manuel inspiré des décortiqueuses motorisées d’origine indienne. Elle a été réalisée en 2014 au Laboratoire de structures métalliques du lycée d’enseignement technique et de formation professionnelle de Thiès, avec l’apport de ses étudiants lors de leurs examens de fin de formation du Brevet de technicien (Apc). Sa capacité est de 150 à 300 kg en fonction de l’utilisateur.

En 2010, après une formation axée sur le développement de la mécanisation agricole des pays du Sud à l’Institut agronomique et vétérinaire (Iav) Hassan 2, Papa Médoune commence à s’intéresser aux problématiques de l’accès à l’énergie et à l’agroéquipement. Ses connaissances pratiques en conception d’équipements agricoles et post-récolte l’ont poussé à s’inscrire en Master 2 Management des infrastructures publiques à la Faseg de l’Ucad.

Le technicien est avide d’acquérir des compétences en matière d’élaboration et de mise en œuvre de projets de développement. Une nouvelle idée lui tient à cœur : la mise en place d’une centrale de production d’énergie propre. « Le sujet qui semble le plus adapté à mon orientation professionnelle est l’installation d’une centrale de production d’énergie à partir du biogaz et de l’énergie. C’est ainsi que je travaille sur la conception d’une bouteille de gaz biomasse (SunuGaz) pour réduire les coûts des ménages et contribuer à la baisse des sorties de devises », théorise l’inventeur.

Sur le plan de la mise en œuvre, le schéma est bien tracé. A l’horizon 2030, l’usine traitera 170 tonnes de déchets par jour. Elle produira 50 tonnes d’engrais organiques. Aussi, elle éliminera 250 kg de déchets hospitaliers tous les jours, sans oublier la production d’énergie. Papa Médoune Ndiaye n’a pas toutes les cartes en mains pour concrétiser ce projet. Il tend la main aux partenaires et aux bailleurs de fonds.

Avec Le Soleil